Ecrire un lai

Écrire un lai

 

Ce vendredi 3 juin, lors du dernier cours de français des 2nde9 et des 2nde4, les élèves ont participé à un atelier d’écriture. L’exercice consistait en la rédaction d’un lai sur le modèle médiéval des Lais de Marie de France, première poétesse française reconnue de l’histoire. Exit l’anglo-normand pour nos apprentis troubadours ! En revanche, les contraintes métriques ainsi que les sujets ont été imposés par les classes elles-mêmes. Divers élèves se sont également prêtés au jeu des illustrations !

 

Bonne lecture !

 

 

 

 

 

 

Rappels des contraintes de la 2nde 9 :

 

1) un lai octosyllabique (vers de 8 syllabes)

 

2)usage de thèmes surnaturels

 

3) mots à placer (2 minimum) : Lapeyrouse (lieu de vacances de Clémence), nonne méchante (mot d’Adrien), Panthère noire (mot d’Inès)

 

4) texte fonctionnant sur des paires de rimes suivies

 

La concordance des temps peut ne pas être respectée car Marie de France elle-même ne la respecte pas, ce qui est fréquent au Moyen Âge

 

 

Rappel des contraintes de la 2nde 4 :

 

1) un lai octosyllabique (vers de 8 syllabes)

 

2) évocation relevant du thème du fin ‘Amor

 

3) mots à placer (2 minimum) : La Rochelle (proposition d’Axel) ; hippopotame rose (Nine et Clara), un marin nain (idée d’Axel)

 

4) texte fonctionnant sur des paires de rimes suivies

 

 

Lai du marin

Par Andréa Lang, 2nde4

 

Ami de seconde quatre

Ne te laisse pas abattre

Te conterai un autre lai

Qui traite d’esprits égarés

Errant lors de la nuit tombée

Un marin nain le cœur brisé

Dont le navire chaviré

Lors d’un grain coula à jamais.

Le marin, cherchant son amour,

Hante le port, et pour toujours

Les feux Follets qui l’accompagnent

Paraissent pleurer sa compagne

Et teintent d’un éclat bleuté,

Son teint clair d’homme macchabé

L’objet de ses vœux, tel Égée

Se jeta dans la mer, brisée

On dit qu’elle se transforma

En un monstre sans foi ni lois

Ayant l’aspect d’une sirène

Et qu’afin de combler sa peine,

Elle attire les matelots,

Cœurs brisés, rejoignent les flots.

Ces deux âmes, pleines de chagrin,

Seraient la cause des embruns.

Si ces amants se retrouvaient,

Ils s’aimeraient, seraient comblés

Sur les digues de la Rochelle,

D’un courtois amour éternel.

 

 

Le lai du pou et de la panthère

Par Malcom Pinto, 2nde 9

 

 

Elève de seconde neuf,

J’écris ce lai vraiment très neuf,

Il traitera d’un peu de tout

De choses futiles autant qu’un pou

Qui souhaite grandir sur un poil

Et englouti dans une toile

Malgré son état   –  il rêve.

(Un peu comme le récit de Steve)

D’une panthère noire au très grand cœur,

Végétarienne de bonne humeur,

Séquestrée par une méchante nonne.

Malgré tout il reste d’humeur bonne

Car un être qui a un fond pur

Ne fléchit pas face à l’impur.

 

 

 

Le lai de la panthère noire

Par Alexia Das Neves et Anaëlle Mevel, 2nde 9

 

Elève de seconde neuf,

J’écris ce lai vraiment très neuf,

Il traitera de la noirceur

Et d’une panthère d’horreur,

En plein milieu de Lapeyrouse

Une nonne surgit, pleine de bouse.

La panthère noire se balada

A un moment elle la croisa,

Dans la pénombre, elle la regarde

Puis l’étrangle avec une harde.
La panthère la tue sur-le-champ

De la nonne but tout le sang.

La nonne gît devant la lune

Le félin lui dit « sans rancune ! »

 

Le lai de la religieuse

et de la panthère

 

Par Adrien Mihajlovic, Camille Veillé et Abraham Meunier, 2nde 9

 

 

Elève de seconde neuf,

J’écris ce lai vraiment très neuf,

Il traitera de la noirceur

D’une panthère qui ne fait pas peur

Qui à la nuit tombée se change

En une chose qui n’est pas un ange

Une âme de démon égarée

Qui s’introduit dans notre foyer

Emballée comme une religieuse

Qui dans les faits est une tueuse

Retournera toutes les croix
Et, folle, fera de vous sa proie
Vous tomberez noir comme nuit

Elle noiera votre âme en un puits

Le lai du marin nain et de l’hippopotame rose

Par Ysée Gravouille, 2nde 4

Ami de seconde quatre,

Ne te laisse pas abattre,

Te conterai un autre lai,

Qui traite d’un amour très risqué

À La Rochelle vit un marin,

Il s’avère qu’il était nain.

Un jour, quand il s’était levé,

Il aperçut au bord du quai,

Une jeune femme, ma foi très étrange,

Dotée d’une chevelure d’ange.

À ses côtés un compagnon,

Etonnant, de par son doux nom,

C’était un drôle d’animal,

Qui jamais n’aurait fait de mal.

Nous parlons, curieuse chose,

Du cher hippopotame rose.

Le marin tomba amoureux,

Il se voyait déjà heureux,

Et imaginait son futur

Avec cette étrange créature.

 

 

Le lai de l’hippopotame et du marin nain

Par Ambroise Cagnon-Maréchalle, 2nde 4

 

Ami de seconde quatre,

Ne te laisse pas abattre,

Te conterai un autre lai,

Qui traite de drôles de faits,

Le plus étrange des marins nains,

Qui trouva derrière un train,

Près du chemin de La Rochelle,

Une créature exceptionnelle.

Oui, l’hippopotame rose,

Attendait, d’un air morose.

À la vue du marin il vint,

Se déplaçant d’un air divin.

Ainsi, dès le premier regard,

Il sont parcourus d’un pouvoir,

Le pouvoir n’est autre que l’amour,

Amour que l’on garde pour toujours,

Dès lors que l’on trouve notre moitié,

Les deux là en étaient persuadés.

Ils marchèrent donc sur le chemin,

Persuadés de s’aimer bien.

Ainsi, au son, le lai se ferme,

Du lutin et du pachyderme.

Le lai de l’amour perdu

Par Bettina Boitel

Ami de seconde quatre,

Ne te laisse pas abattre,

Te conterai un autre lai,

Qui traite d’un amour manqué.

Pourtant, je n’attendrai qu’elle,

Cybèle, si belle, à la Rochelle

Je la vois, mon coeur implose

Tel cet hippopotome rose,

Offert à notre rendez-vous,

Qui aujourd’hui m’apparaît flou.

À présent tu m’as quitté

Et je ne peux te rattraper.

Te souviens-tu de ce matin ?

En chemin vers ce marin nain ?

Tu t’es accrochée à mon bras,

Me chuchotant “Reste avec moi !”

Et je l’ai fait avec ardeur,

Même noyé dans mon malheur,

Mais il faut quand même avancer,

M’habituer – oh !- à ce reflet

De cette vie sombre sans toi,

Car je n’aurais pas eu le choix.